DIY Que faire de vos bidons de pétrole

DIY Que faire de vos bidons de pétrole

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img_017L’année dernière, j’ai décidé de ne plus attendre l’hypothétique possibilité d’avoir un terrain à cultiver et je me suis mise en tête de faire un balcon/potager. Autant dire que c’était pas gagné. Mal exposé, pas très grand, soumis à des vents violents et… c’était l’automne !
Comme je suis du genre à aller au bout de mes idées, j’ai donc commencé à réfléchir à un bon moyen d’arrosage, peu chronophage et pas trop contraignant. Sachant que j’ai tendance à déserter mon balcon en hiver tant il est peu attractif.
Bref, il me fallait des contenants assez grands et économiques, voire gratuits. J’ai d’abord pensé aux caisses en plastique empilables mais finalement abandonné cette idée. Sacrifier 2 caisses à chaque fois pour une petite réserve et une étanchéité moindre entre les 2 ne me convenait pas.
Et un jour, j’ai trouvé l’idée devant… les poubelles ! (comme d’habitude).
J’ai récupéré des bidons de pétrole de 10L noirs et transparents (après réflexion, je n’ai gardé que les noirs, les transparents laissent passer la lumière et soumettent les racines à dure épreuve) et ce qui m’a le plus réjoui était qu’un seul bidon suffisait à faire le pot et la réserve ! Que demander de plus, oui, l’esthétique ! la aussi, conquise, le pot est noir simple sans inscriptions et une fois « customisé » n’a plus rien de recyclé !

Que faire des bidons de pétrole vide ?

img_030Commencez par découper la partie supérieure du bidon qui par chance a une ligne moulée dans la matière qui permet de faire une découpe propre.   Nettoyer minutieusement les deux parties pour éliminer toute trace de pétrole ou autre produit. Vous obtenez donc un pot et une partie supérieure (partie de la poignée et de l’orifice du bidon).  Nous allons nous occuper de cette partie, précisément.

Le but est d’insérer la partie découpée dans le bidon lui même et dans le sens initial. Au préalable, vous aurez découpé un cercle au centre de la partie supérieure (avec une scie cloche… au pire, un cutter). Ce trou va recevoir un petit pot percé sur toute sa surface et qui servira de « mèche » pour permettre à la plante de puiser l’eau par capillarité grâce aux bille d’argile que l’on va y mettre.  Coller ce petit pot avec un pistolet à colle (qui va beaucoup servir) dans la partie inférieure du « couvercle ».
L’orifice original du bidon, lui, va recevoir un tube pvc de 2-2.5 cm de diamètre, facilement trouvable en enseigne de bricolage, rayon électricité et pour quelques euros. (moi, j’en avais dans ma cave, je récup tout !!!). Vous voyez donc le résultat sur la photo. le bidon découpé sur la gauche et la partie supérieure récupérée, sur la droite de la photo.

img_032Il me fallait trouver un moyen pour que la partie supérieure reste à une bonne hauteur (réserve d’eau) et n’aille pas s’écraser dans le fond. L’idéal aurait été de se servir de 2 bidons, d’en découper un à la hauteur de réserve désirée et de l’insérer dans le premier bidon, à l’envers. Mais comme j’aime le challenge de l’économie, j’ai voulu le faire avec un seul bidon.
Sur la partie droite de la photo vous voyez une paroi blanche apparaître. C’est l’idée ! J’ai simplement découpé un bidon de lessive (pour sa rigidité) et l’ai collé sur le côté du « couvercle » pour que cette partie repose dessus et non sur le pot à capillarité central.

Il ne reste plus qu’à insérer « ce montage » dans le bidon découpé, et vous obtenez un pot avec une réserve d’eau conséquente que vous pourrez alimenter grâce au tuyau pvc que nous avons inséré dans l’orifice original du bidon. Ce tuyau doit être découpé en biais à la base pour permettre à l’eau de circuler librement, lorsqu’il reposera dans le fond et pensez à le fixer sur le bord, au raz du pot avec 2 petits trous et une ficelle ou tout autre lien à disposition (fil d’aluminium, collier…).img_033

Vous voyez donc que le » montage » repose sur la paroi de bidon de lessive et non sur le pot central. (Les résidus de terre sont dus au fait que j’avais oublié de prendre la photo avant de remplir le pot !) 🙄
Votre pot est presque prêt. Il reste à faire un petit orifice de « trop plein » au niveau maximum que l’eau doit atteindre. Ainsi, au moment de remplir la réserve, lorsque de l’eau s’échappera du pot, ce sera le signe que la réserve est pleine.
L’étape suivante consiste à remplir le pot « mèche » central de billes d’argile,  jusqu’à hauteur de 2 cm au dessus de la limite du pot. (pour ma part, j’ai acheté un gros sac de billes premier prix qui m’a servi pour tous les pots).

Pour finir, posez un filtre sur les billes d’argile pour éviter le mélange avec le terreau. (en rayon jardinage) J’ai utilisé un tissu de coton très aéré qui filtrait bien mais je me suis rendue compte qu’il se dégradait avec les arrosages et n’évitait pas le mélange avec le terreau (donc la solution jardinerie est meilleure pour le moment ou alors utiliser une matière qui ne se dégrade pas facilement) et ça nous donne ça ! img_036 Il ne reste plus qu’à remplir de votre terreau (bio) et de planter ! Et vous voyez que côté esthétisme, y’a pire. Je pensais recouvrir le pot de corde enroulée et collée pour un effet plus moderne mais je n’en ai pas encore eu le temps, mais il suffit de se lâcher, il n’y a de limite que l’imagination. Si votre contenant est plutôt laid demandez à vos enfants de le peindre une fois fabriqué. Collez des coquillages, du bois flotté, des boutons etc. Vous pourrez ainsi admirer les oeuvres de vos enfants et les vôtres (vos plantes). img_039

L’expérience m’a tellement enthousiasmée que j’ai rassemblé tous mes pots pour voir comment, tous les transformer en pots à réserve. Et je ne suis pas mécontente du résultat. A l’usage, il s’est avéré que j’avais fabriqué des réserves contenant entre 6 et 12 L, ce qui en hiver représente maximum 3 arrosages sur la saison. J’attends la saison chaude pour voir le résultat.

Bien évidemment, pensez à découper votre tube d’arrosage à raz du pot pour plus d’esthétisme. Mais je dois avouer que l’orifice n’est pas très grand et qu’il faille à tout prix un entonnoir pour remplir la réserve. Une bouteille d’eau coupée et insérée à l’envers suffira.

img_001Mais si comme moi, vous êtes un peu perfectionnistes, vous aimerez mon idée recyclage suivante.
Pour ne pas avoir à déplacer « l’entonnoir » systématiquement, j’ai commencé à recycler toutes mes bouteilles d’eau pour que chaque pot ait son entonnoir permanent. Je les ai découpées en suivant la ligne ondulée de la bouteille d’eau ce qui a donné de jolis entonnoirs transparents  !

Puis pour aller encore plus loin dans le confort, j’ai voulu faire en sorte que le niveau d’eau soit visible d’un seul coup d’oeil mais comme le pot est noir, ça n’était pas possible.
J’ai donc récupéré un bon tas de bouchons de liège (qui peuvent s’acheter par paquet pour 5€/6€), j’ai choisi les plus petits mais malgré tout il a fallut les retailler pour qu’ils passent dans le tube d’arrosage sans entrave et avec facilité. img_044
J’ai ensuite fixé les bouchons au bout d’une tige d’aluminium rigide (récupérée ou achetée en rouleau, le plus dur étant de les redresser parfaitement. Utilisez un gant de jardinage ou bricolage et lissez la tige plusieurs fois entre les doigts, elle finira par être droite).  J’en ai découpé d’autres pour les fixer à l’autre bout externe pour une meilleure préhension et visibilité de la tige (j’ai réalisé par la suite que mon système de jauge avait une autre utilité :empêcher les moustiques de pondre dans la réserve d’eau stagnante, tout bonus ! :mrgreen: ). La longueur de la tige doit permettre au bouchon externe de refermer l’orifice lorsque la réserve est vide (et donc le bouchon interne à son niveau le plus bas).
En remplissant la réserve, le bouchon flotte et remonte simplement. Lorsque qu’il est au plus bas, le second bouchon referme l’orifice d’arrosage et il est alors possible de voir d’un coup d’oeil qu’il n’y a plus d’eau dans le pot. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les entonnoirs ne sont pas inesthétiques et après un arrosage, ils sont même très jolis tous perlés d’eau. Une fois la plante grande, ils deviennent invisibles.

Voici d’autres pots réalisés sur ce principe avec un maximum de récupération.

Voilà vous avez de quoi occuper vos weekends bricolos à moindre coût, recycler vos bouteilles d’eau, vos vieux pots et bidons de pétrole… et vous permettre d’avoir un balcon potager sans trop de travail d’entretien.

Résultat chez moi

Au fait tous les pots noirs de ces dernières photos sont des pots en plastique qui sont utilisés pour le transport des fleurs et qui sont destinés à être jetés. Je les ai récupérés gratuitement dans une brocante qui ne savait pas quoi en faire. Ils avaient 3 dimensions différentes, ce qui pour moi constituait une aubaine. Comme j’en ai récupéré une bonne quarantaine, j’en ai sorti une bonne vingtaine de pots avec une réserve de 6L à 10L.

Un petit mois de travail (souvent le weekend) pour fabriquer les pots, installer le balcon et fabriquer la pergola en total recyclage. 2 étagères en pin qui hantaient ma cave, et des chutes de tasseaux de bois, résidus de mes anciens travaux.  Un fond de lasure et voilà un balcon/potager fonctionnel et chargé.

L’hiver bientôt terminé je peux d’ores et déjà faire un bilan. Je ne m’attendais pas à parvenir à l’auto-suffisance alimentaire en 3 mois mais les pots ont tenu leur promesses au delà de mes espérances. Les plantes n’ont été arrosées que 3 fois cet hiver. Je suis parvenue à récupérer des plantes vertes que je n’arrivais jamais à maintenir. Les feuilles sont gorgées de sève et bien vertes. Dans la globalité, c’est une réussite. Etant donné le peu de lumière que mes plants d’hiver ont reçu (1h/jour max) les salades furent les seules à honorer une récolte. Les autres légumiers tiennent toujours, je pense que les calibres seront petits par manque de soleil mais en dehors des saisonnières, tout tient ! Oignons, ail, fenouil, le cèleri a lâché, cébettes, aromatiques, les épinards sont petits mais n’ont pas crevé. La pousse est lente mais résistante.

img_037Bref, je suis prête à entamer une vraie saison. J’ai tout de même 4h de soleil en fin de journée, en été, ça mérite un essai. Je suis même en retard sur les semis de certaines plantes que j’aurais du planter dès février. Je dois faire un tri pour savoir quelles plantes peu gourmandes en soleil je peux installer. Le problème est que toutes les plantes ont besoin de soleil. Certaines moins que d’autres mais même avec des fruits de petit calibre, ça vaut la peine d’essayer. Inutile de préciser que je n’utilise que du terreau bio, l’apport d’engrais dans l’eau a été de 2 fois par mois jusqu’en novembre. Puis j’ai délibérément cessé de les stimuler pendant l’hiver. Mon but était de tester les conditions contextuelles. L’engrais en question a été uniquement du purin d’ortie fait maison biensûr ! Pas de problèmes d’insectes, ni de maladies mais j’ai eu le plaisir de voir que les abeilles nous ont rendu souvent visite.

 

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